Salle de presse
La douleur chronique affecte gravement les milliers de Canadiens qui en souffrent
le 3 novembre 2006 » Toronto
Une « maladie épuisante », d’après un sondage
Vivre avec la douleur affecte sérieusement tous les aspects de la vie quotidienne, d’après les Canadiens ayant reçu un diagnostic de douleur chronique désignée par l’expression douleur neuropathique, ou « douleur nerveuse ». Soixante-huit pour cent des patients ayant pris part à un sondage récent ont affirmé que la douleur leur inflige une grande souffrance physique. Pour ajouter à cet aspect, 48 % de ces patients ont précisé que leur famille ne parvient pas à comprendre l’intensité de la douleur dont ils souffrent la plupart du temps.
Les troubles du sommeil causés par la douleur ont une incidence sur d’autres aspects de la vie de 89 % des participants au sondage tandis que 80 % se plaignent des répercussions des troubles de l'humeur sur leur quotidien. De plus, les troubles du sommeil affectent la vie professionnelle de 59 % de ces patients.
« J’ai découvert que mon meilleur ami était l’homme que j’avais épousé. Mes meilleurs alliés étaient mes enfants : je leur avais toujours donné le meilleur de moi-même et ils m’ont redonné la vie, juste parce qu’ils avaient encore besoin de moi. Ce sont là les mots magiques : ils avaient encore besoin de moi », dit Louise O’Donnell-Jasmin (Montréal), membre fondateur de l’Association québécoise de la douleur chronique. « J’ai décidé de rebondir, de revenir à ma vie, coûte que coûte. J’ai co-fondé l’AQDC pour venir en aide aux autres patients comme moi. J’y ai trouvé d’autres patients, des personnes généreuses, sympathiques et compréhensives, des professionnels de la santé extraordinaires. Ensemble, ils m’ont redonné confiance en moi et ont comblé le grand vide que la douleur avait laissé dans ma vie. »
La CCD, coalition d’organisations canadiennes de défense des intérêts des patients, se consacre aux problématiques médicales, sociales, financières et émotionnelles de la douleur. Harris InteractiveMD a réalisé ce sondage auprès de patients canadiens pour le compte de la CCD. Les résultats révèlent les perspectives les plus récentes sur la douleur neuropathique au Canada. Achevé en septembre 2006, ce sondage repose sur des entrevues exhaustives menées auprès de 150 patients ayant reçu un diagnostic de douleur neuropathique et auprès de 100 médecins. Pfizer Canada a commandité ce sondage à la demande de la CCD.
« La douleur est une maladie incomprise. La plupart des gens ou des gouvernements n’ont pas conscience de son impact sur le système de santé ni sur l’économie », a déclaré la Dre Celeste Johnson, directrice administrative de la CCD. « En quantifiant les difficultés et les préoccupations des Canadiens souffrants et en sensibilisant la population à leur sujet, nous espérons changer l’opinion publique sur cette maladie qu’est la douleur et mieux nous y attaquer. »
La douleur fait souffrir un Canadien sur cinq
D’après les estimations, près de 20 % ou environ 6 millions de Canadiens souffrent d’une forme ou l’autre de douleur chronique. On définit la douleur chronique par une douleur
persistant au moins un mois après la période habituelle de rétablissement à la suite d’un accident ou d’une maladie, ou par une douleur se prolongeant durant des mois ou des années en raison d’une maladie chronique. Cette douleur peut se manifester constamment ou non, mais elle entrave assurément la vie quotidienne sous de nombreux aspects. Parmi des exemples de maladies pouvant engendrer une douleur chronique figurent le diabète, le zona (herpès zoster) ou le VIH-sida.
La douleur neuropathique ou « douleur nerveuse » est une maladie causée par une lésion ou par une dysfonction des nerfs rattachés au système de captage de la douleur. Près de 500 000 Canadiens souffrent de douleur neuropathique, parfois liée à d’autres types de douleur comme la fibromyalgie, l’arthrose ou la migraine.
Étant donné que chaque nerf assume une fonction hautement spécialisée dans une partie spécifique de l’organisme, les lésions nerveuses peuvent entraîner l’apparition de symptômes nombreux et divers. Certaines personnes peuvent expérimenter des sensations d’engourdissement, de fourmillement et de picotement (paresthésie), une sensibilité au toucher ou une faiblesse musculaire. D’autres peuvent éprouver des symptômes plus extrêmes, comme une sensation de brûlure (en particulier la nuit)[i]. Les régions corporelles les plus affectées par la douleur, et par la douleur neuropathique en particulier, sont le dos, les bras, les jambes et les pieds.
Les traitements d’association aident les patients à demeurer actifs
« Les gens affligés de douleur chronique doivent continuer de tenter d’améliorer leur condition par tous les moyens et avec toutes les ressources disponibles en faisant appel à leur entourage s’il le faut. Consultez, renseignez-vous et surtout brisez le silence et l’isolement. Ne vous découragez pas! », a déclaré Irène Couture, souffrant de douleur chronique depuis 2001, une membre fondatrice de l’Association québécoise de la douleur chronique et vice-présidente du conseil d’administration. « L’Association québécoise de la douleur chronique se veut le porte-parole de tous ces gens auprès des décideurs. Plus nous serons nombreux à nous faire entendre, plus on nous écoutera. »
Les patients peuvent attendre des mois, voire des années, avant de recevoir un diagnostic exact. Parfois, il faut encore plus de temps avant de découvrir le meilleur traitement d’association qui permettra aux patients de prendre leur douleur en charge et de la soulager partiellement. Les principaux traitements de la douleur englobent les médicaments d’ordonnance et en vente libre. Toutefois, la plupart des patients recourent aux médicaments en association avec la physiothérapie, la massothérapie, le repos, la thermothérapie, la cryothérapie ou l’hydrothérapie, par périodes.
Longueur fréquente des délais de diagnostic et de traitement
Bon nombre de patients éprouvent de la difficulté à accéder à une clinique spécialisée dans le diagnostic et le traitement de la douleur. Une étude, dont on a présenté les résultats[ii] lors de l’assemblée de la Coalition canadienne de la douleur, en juin 2006, a permis de recueillir des données auprès de 101 cliniques multidisciplinaires de la douleur au Canada. Voici quelques-uns des résultats cités lors de l’exposé :
- Le délai d’attente précédant l’accès à un centre de traitement à financement public peut atteindre jusqu’à cinq ans.
- Il existe un centre de traitement multidisciplinaire accessible à chaque groupe de 250 000 Canadiens souffrant de cette maladie.
- Puisque la vaste majorité des centres de traitement multidisciplinaires sont établis dans les grandes villes, les patients vivant dans les régions urbaines ou en périphérie sont plus susceptibles d’obtenir un diagnostic et de recevoir un traitement en temps opportun; il n’existe aucune clinique dans la province de l’Île-du-Prince-Édouard, ni sur les trois territoires.
À propos de la Coalition canadienne de la douleur
La Coalition canadienne de la douleur se consacre à sensibiliser le public aux problématiques médicales, sociales, psychologiques et économiques de la douleur. Elle veille à ce que cette affection devienne une priorité pour le système de santé canadien. La CCD recrute principalement ses membres parmi les groupes de défense des intérêts des consommateurs et des patients qui, outre les professionnels et les chercheurs spécialisés dans le domaine de la santé, s’efforcent de réduire la prévalence de la douleur au Canada.
La CCD a créé la Semaine nationale de sensibilisation à la douleur (du 5 au 11 novembre) afin de sensibiliser le public à la prévalence de la douleur, ainsi qu’à la nécessité d’améliorer le diagnostic et le traitement de tous les types de douleur. Pour obtenir des renseignements complets sur le diagnostic et la prise en charge de la douleur, les problématiques liées à cette affection et les activités organisées par les groupes de soutien locaux, veuillez consulter le site Web de la CCD à l’adresse suivante : www.canadianpaincoalition.ca/purposefr.htm.
Voici d’autres sources d’information sur la douleur neuropathique :
www.douleurchronique.org
www.neuropathicpainnetwork.org/francais
-30-
Renseignements :
Stephen Heckbert
Thornley Fallis Communications
613-231-3355 poste 225
ou
Marissa Lukaitis
Thornley Fallis Communications
416-515-7517 poste 235
[i] http://www.ninds.nih.gov/disorders/peripheralneuropathy/detail_peripheralneuropathy.htm
[ii] Peng, P; M. Choinière et coll. « Characterization of Multidisciplinary Pain Treatment Facilities (MPTF) in Canada », projet STOP Pain, étude II, assemblée annuelle de la Coalition canadienne de la douleur, Edmonton, 2006. Publication dans Pain and Research Management, no 11, 2006, p. 121.



